analyse de l'arrêté du 16 juillet 2010 - UPTP

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analyse de l'arrêté du 16 juillet 2010

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Le 16 juillet 2010 un arrêté préfectoral portant n° 10-1854
«réglementant le stationnement des véhicules en zone publique de l’aéroport de Paris Charles de Gaulle»
est paru.


Concernant notre branche d’activité,  deux passages du texte de l’arrêté ont retenu mon attention.

Le premier apparait dès le début du texte. En effet l’arrêté rend exclusif aux particuliers et donc interdit aux professionnels l’accès au parking dépose minute au niveau des terminaux 2 ABC et D.

Les différents articles du texte apportent cependant à cette interdiction d’accès à tous les professionnels de transport une alternative. En effet le texte autorise les professionnels pour déposer leur client et pour les prendre en charge, de le faire au contact des terminaux appelés «esplanade» arrivée et départ.

A TOUS …. à l’exception des véhicules effectuant un service de transport dans le cadre d’une précommande et navettes hôtels … nous …

Pour nous,  (et c’est le deuxième passage marquant), je cite "pour l’arrêt comme pour le stationnement" ne restent possibles que les parkings pro au niveau zéro.

L’aérogare 3 présente une exception dans la mesure où il s’agit de l’esplanade arrivée pour la dépose et l’esplanade du terminal 1 pour la prise en charge.

Le texte semble méconnaitre les raisons de notre présence dans les enceintes de l’aéroport dans la mesure où pour nous il parle  «d’arrêt et de stationnement» et non pas de dépose de client, de prise en charge et d’attente comme pour les autres professionnels.

Dans leur globalité les restrictions édictées par ce texte sont de nature à gêner le champ de notre activité et rendent encore plus difficile notre travail au quotidien car le texte ne nous indique pas les conditions de dépose et prise en charge qui nous sont applicables.  

Respecter à la lettre ce texte voudrait dire que nous devrions ramener les clients  au niveau zéro des parkings pro et leur demander de se débrouiller pour retrouver le chemin  vers l’étage au dessus pour les départs en traversant avec leur  bagages  les files d’attentes des taxis au niveau zéro,  

Si au moins le texte prescrivait pour nous l’obligation d’accompagner le client jusqu’à bon port, nous comprendrions que les autorités nous reconnaissent comme des professionnels de transport et se soucient du bien être des passagers voyageurs. Nous dirions que les pouvoirs publics agissent dans le sens d’une amélioration du service. Cependant, nous aurions alors exigé les garanties nécessaires pour éviter les risques d’accident dans ce long passage périlleux.

Finalement le texte  ne nous semble pas conçu pour améliorer le service pour les clients de l’aéroport ou pour améliorer les conditions de l’ordre public, c'est plutôt à l’évidence une sorte d’aménagement d’aire de travail manifestement inéquitable et injuste. Un texte discriminatoire par excellence !

Quand on sait que nous sommes les seuls à payer une redevance au titre du stationnement  à l’aéroport et que nous sommes les seuls auxquels on interdit l’accès aux esplanades pour déposer les clients, nous sommes fondés à accorder crédit aux informations selon lesquelles les autorités avec l’administration des ADP nous préparent à de grands changements des conditions de travail dans l’espace des aéroports. Ils   prépareraient les conditions favorables au monopole d’un groupe financier dominant. Et c’est ce qui expliquerait ces mesures de plus en plus discriminatoires à notre encontre.
 
Ce texte serait annonciateur d’autres textes à venir où nous serons progressivement interdits d’accès à l’aéroport,  catégorie de véhicules par catégorie de véhicules, nature d’espace par nature d’espace jusqu’à l’interdiction pour tous et pour tout l’aéroport.

Si le texte  ne parle pas de dépose client nous concernant c’est pour laisser cette marge de flou artistique sur laquelle se baseraient les interprétations discrétionnaires des agents de la préfecture pour nous infliger à volonté des amendes…. Toutes les conditions pour créer le plus de gêne et de malaise possible…  Bien joué  ….

Il est encore présent dans notre mémoire le jour où nous avions convenu avec les représentants de la préfecture de la Seine Saint Denis  un plan de rencontre pour mieux comprendre les attentes de la préfecture et exprimer notre avis.  Notre projet de «tripartite» pour établir un réel dialogue a dû bien les  faire rire   ……pardonnez notre innocence....

Il va sans dire que l'arrêté du 16 juillet dernier est un moyen, encore un autre, pour nous dissuader à terme de travailler dans les enceintes de l’aéroport.

Ce n’est pas sans rappeler l’arrêté préfectoral portant sur la voie expresse A1 dont la rédaction consistait principalement  à nous exclure en nous considérant comme des transports particuliers….
La rédaction aurait été d'ailleurs faite après concertation avec le syndicat des Taxis le feu syndicat FNAT qui aveuglé par des intérêts égoistes, ne cachait pas son hostilité à notre égards.  

L’arrêté préfectoral réglementant la voie expresse nous mettait au même rang que les particuliers et nous sortait arbitrairement de la sphère des professionnels. Cela mettait d’ailleurs mal à l’aise les instances d’exécution de cet arrêté qui ne comprenaient pas sa finalité.

Et voilà que ce deuxième arrêté du 16 juillet 2010 va un peu plus loin et nous rétrograde au rang inférieur aux particuliers qui ont eux le droit d’utiliser les déposes minute face aux aérogares. Pire encore nous voilà pour «arrêter ou stationner» obligés d’utiliser le niveau dit «ZERO».

Tous les autres professionnels ont bien entendu droit aux esplanades car eux ils «déposent et prennent en charge des clients».

Nous sommes surpris dans cette série d’arrêtés du peu d'intérêt accordé au citoyen et de cette tendance à nous discriminer sans raison économique ni d’ordre public, alors même que l'ensemble des transporteurs sert ce même citoyen.

Le rôle des pouvoirs publics est principalement de veiller à l’égalité de droit comme des devoirs entre les citoyens. Hélas, force est de constater que c’est loin d’être le cas quand on observe les avantages  accordées par ce texte à la catégorie désignée sous le titre de «Véhicules de transport public effectuant un service de transport régulier et véhicules de services associés».

Ces véhicules ainsi désignés n’ont pour leur part aucune contrainte et ont accès à tous les espaces de toute catégorie comme ils l’entendent !

Quand on connait les compagnies qui seront bientôt désignées par cette appellation, on comprend avec amertume que nous vivons une époque où les balances ont une sacrée tendance à pencher vers le plus fort.

J’entends par « le plus fort»  des groupes qui ne cachent même plus leur intention de confisquer tranquillement et avec une protection « publique » à coups d’arrêtés de circonstance, toute l’activité des transferts de Roissy et de l’ensemble des aéroports de l’IDF.

Ce qui semble échapper aux autorités  c‘est qu’ils sacrifient ainsi notre potentiel économique énorme en matière de créations d’emploi, au bénéfice de groupe privé. C’est également détruire une situation naturelle de libre et saine concurrence. Une situation naturelle qui induit systématiquement une amélioration constante des services rendus au client.  

La diversité des offres de transferts à travers les véhicules de grande remise et de voiture de tourisme est également sacrifiée. La situation de monopole se traduira par une standardisation de l’offre et mettra fin à cette riche diversité que représentent  jusqu’à aujourd’hui nos artisans.

Ce n’est pas seulement des centaines de petites entreprises qui se trouvent ainsi en péril mais c’est également la diversité de l’offre de service de transfert qui se trouve menacée.  

Cette situation se traduira par la disparition de la liberté d’entreprise et de la libre concurrence. Le monopole qui semble être programmé pour les transferts aux aéroports de Paris induira  sans le moindre doute une détérioration de la qualité de service pour les clients des aéroports de Paris. Car aucun investissement en parc de véhicules ni en emploi ne sera réalisé ; ne seront proposés que  des formules de contrats de sous-traitance pour les entreprises actuelles.   Les actuels artisans et transporteurs  qui se maintiendront se transformeront en agent de sous-traitance aux ordres du monopole. Cet avilissement brisera toute relation personnelle avec le client et nuira en définitive à l’image de l'aéroport Charles-de-Gaulle, le deuxième aéroport d'Europe et le sixième mondial par le nombre de passagers.


N-E Fakir

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